Les femmes sont les plus grandes adeptes de la chirurgie esthétique et représentent 86,3 % du nombre total des personnes ayant subi une intervention.

Plus de 20 millions de chirurgies esthétiques et d'interventions non chirurgicales ont eu lieu dans le monde en 2014, selon les statistiques de la Société internationale de chirurgie esthétique et plastique (ISAPS). Le traitement à la toxine botulique (Botox) demeure la chirurgie esthétique la plus populaire, tant chez les hommes que chez les femmes. Du côté des interventions chirurgicales, c'est l'augmentation mammaire qui est la plus prisée chez les femmes. Les opérations les plus fréquemment pratiquées sur elles ont été l'augmentation mammaire, la liposuccion, la chirurgie des paupières, la greffe de graisse et l'abdominoplastie. (Source : La Presse)

un acte à prendre au sérieux

Vous croyez qu’une chirurgie esthétique, c’est à peine plus invasif qu’une visite au salon de beauté? Détrompez-vous. Les interventions et les chirurgies esthétiques comportent leur lot de risques pour la santé, et très peu de femmes sont au courant de ces risques.

Selon le Collège des médecins, la chirurgie esthétique est un soin non-médicalement requis, c’est-à-dire qui n’est pas « nécessaire pour la sauvegarde ou le rétablissement de la santé ». Le Collège la définit comme « [t]out acte chirurgical, incluant la liposuccion, la liposculpture, les injections de gras, la greffe de cheveux et l’utilisation des techniques ablatives, incluant le laser, visant principalement à modifier l’apparence corporelle d’un patient à des fins esthétiques, à l’exclusion de tout but thérapeutique ou reconstructeur. » (Source : Collège des médecins du Québec. (2016). Rapport du groupe de travail : La médecine esthétique. p.13; p.30).

Étant donné les risques de la chirurgie esthétique, on doit lui attribuer les mêmes exigences professionnelles, techniques et éthiques que les autres domaines de la médecine. Les mêmes précautions doivent être prises que pour toute autre chirurgie. Ainsi avant de subir une chirurgie esthétique, on doit recevoir toute l’information pertinente en rapport avec celle-ci et ses alternatives pour être en mesure de poser un consentement éclairé. Toutes ces exigences dépassent celles d’une simple visite au salon de beauté.

Toutefois, au désavantage de celles qui veulent recourir à la chirurgie esthétique, les médecins ont une obligation de moyens et non de résultats. Ainsi, un chirurgien esthétique est tenu d’utiliser des moyens de qualité, considérés comme raisonnables par ses pairs dans un contexte de soin donné, mais il n’est pas tenu de garantir le résultat final de l’intervention. Vous vous devez d’avoir des attentes réalistes vis-à-vis l’intervention.

une médecine détournée de sa mission première?

Mais il y a un mais… Le but de la médecine étant de soigner, une intervention qui n’a pas de visée thérapeutique, comme la chirurgie esthétique, peut-elle vraiment être considérée comme médicale? Autrement dit, la médecine peut-elle être esthétique? Considérant ses risques, infligés à une personne en santé, que faire du principe fondateur de la médecine « d’abord, ne pas nuire »? Ces risques sont-ils réellement contrebalancés par les bienfaits de la chirurgie esthétique? Avant de passer sous le bistouri, vous devez en mesurer et équilibrer tous les risques et les bienfaits potentiels. La chirurgie esthétique améliorera-t-elle votre santé ou lui nuira-t-elle? C’est à bien y réfléchir.

La question de savoir si, fondamentalement, la chirurgie esthétique est médicale ou non, relève de la philosophie. Peu importe la réponse, si vous faites le choix de subir une chirurgie esthétique, il est capital d’être très bien informée des implications de ce type d’intervention. Le Réseau action santé femmes (RQASF) a créé ce site pour vous aider à prendre une décision éclairée.