La marchandisation de la santé

Depuis la Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé1, le Canada considère le bien-être comme partie intégrante d’une bonne santé globale. La Charte reconnait le rôle important des politiques sociales et de l’action communautaire dans la promotion de la santé. La santé mentale est de plus en plus considérée comme une affaire de société, c’est-à-dire une réalité complexe aux multiples dimensions interreliées.

Mais des vents contraires soufflent également. Certains discours politiques et médiatiques font reporter sur l’individu l’entière responsabilité de son état de santé mental. On note aussi une forte tendance à prescrire rapidement des médicaments, quel que soit le problème, ce qui alimente cette vision individualiste de la santé.

Le virage marchand2 de la santé, préparé dès les années 1980, se concrétise rapidement. En 1993, l’Aléna (Accord de libre-échange nord-américain) est ratifié. Les accords de libre-échange actuellement en négociation avec l’Europe risquent d’accentuer la marchandisation de la santé.

Entre les années 1960 et les années 1980, le système institutionnel en santé mentale est passé d’une approche privilégiant l’enfermement en institution à une approche « milieu », c’est-à-dire axée sur les services dispensés dans la communauté. La réorganisation des services, justifiée au départ par des considérations éthiques et cliniques, s’est bientôt fondue dans les objectifs de réduction des budgets publics, de retrait de l’État et de privatisation.

Les efforts accomplis pour réduire le nombre de jours d’hospitalisation et pour favoriser le maintien dans la communauté des personnes qui éprouvent des problèmes de santé mentale ont porté leurs fruits, mais à quel prix?

La « réforme » tant vantée, synonyme de compressions successives dans les services, ne s’est pas accompagnée d’une réallocation de ressources financières aux organismes communautaires du milieu.

Comment ces réalités sont-elles vécues dans les organismes communautaires de femmes au quotidien? Notre enquête de terrain répond à cette question : Santé mentale au Québec : les organismes communautaires de femmes à la croisée des chemins.

  1. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS) (1986). Promotion de la santé : Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé, Genève, OMS, 6 pages.
  2. RQASF (2008). Changeons de lunettes! Pour une approche globale et féministe de la santé, Montréal, RQASF, p. 65.

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Réseau québécois d’action pour la santé des femmes

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Santé mentale au Québec : Les organismes communautaires de femmes à la croisée des chemins

Santé mentale au Québec : Les organismes communautaires de femmes à la croisée des chemins, a été amorcée par le RQASF en 2010. 75 organismes communautaires intervenant directement auprès de femmes partout au Québec ont participé à cette enquête. En savoir plus

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