Manque de logements convenables

Au cœur de la pauvreté, on trouve la crise du logement et les problèmes qui y sont liés. En effet, plusieurs travailleuses voient la détresse psychologique que vivent les participantes comme étant due au manque d’accès à un logement convenable et dont le loyer est abordable. Un logement insalubre, exigu et trop cher par rapport au revenu peut amener les personnes à vivre des situations extrêmes et entrainer des problèmes de santé graves.

Manque de logements en région

Les groupes en région dénoncent l’augmentation du cout des loyers et réclament des investissements pour combler le manque de logements sociaux. En Abitibi-Témiscamingue, on souligne que la difficulté de trouver un logement se répercute directement sur les femmes, les plongeant dans la détresse.

« Les logements sont souvent trop chers, trop petits, en mauvais état. Parmi les problèmes, il y a les appartements mal entretenus, infestés de coquerelles ou de souris, insalubres. En plus, cette année, il y a les punaises de lit! »

Le manque de logements a des effets particulièrement tragiques pour les femmes victimes de violence conjugale. Elles se voient par exemple contraintes de demeurer dans le même logement que leur conjoint ou conjointe. D’autres sont en conflit avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), car elles n’arrivent pas à trouver un logement convenable pour elles et leurs enfants.

Dans les petites agglomérations, certaines femmes souffrant de problèmes de santé mentale sont plus systématiquement stigmatisées et les propriétaires hésitent à leur louer un logement. Ce problème de discrimination s’ajoute au problème de pénurie de logements sociaux.

Lorsqu’elles se présentent dans un groupe de femmes, certaines participantes n’expriment pas nécessairement un besoin d’aide psychologique ou de soutien, elles demandent plutôt qu’on les aide à trouver un toit.

Dans certains secteurs de la grande région de la Capitale-Nationale, comme celui de La Malbaie, les loyers sont inabordables alors que les emplois sont surtout saisonniers et que le chômage est élevé. De plus, les logements abordables sont souvent très éloignés des ressources et des commerces, ce qui oblige les femmes à avoir une voiture.

Il y a également pénurie de logements sociaux en Montérégie. À Longueuil, par exemple, de nombreuses personnes sont en attente, car des logements ont été détruits, et la reconstruction tarde.

Manque de logements à Montréal

À Montréal, la difficulté de se loger dans certains quartiers (notamment Pointe-Saint-Charles et Côte-des-Neiges) est une réalité bien connue. La ville connait une hausse alarmante du nombre de femmes en situation d’itinérance, particulièrement depuis les deux dernières années. Pourtant, un grand nombre d’entre elles ont tout essayé pour ne pas se retrouver à la rue. Un organisme montréalais travaillant auprès de femmes en situation d’itinérance a refusé 3 020 demandes d’hébergement en 2009-2010, soit 24,5 % de plus qu’en 2008-2009 et 61,1 % de plus qu’en 2007-2008. Une travailleuse raconte que la fermeture d’un service d’un hôpital psychiatrique a entrainé une augmentation notable du nombre de personnes itinérantes dans le secteur où est situé son organisme.

L’itinérance féminine découle du manque criant de logements sociaux, de la diminution du nombre de lits dans les hôpitaux et dans les centres de soins de longue durée, de la montée en flèche des inégalités sociales; bref, des failles des politiques sociales.

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