Diminution ou absence de ressources communautaires

Si les participantes souffrent à cause d’un manque de services dans le réseau de la santé, elles font aussi les frais d’un manque de ressources en hébergement et en santé mentale dans la communauté. Elles sont parfois obligées de faire le tour des organismes. Selon une travailleuse, il arrive de plus en plus souvent qu’une femme en situation de violence conjugale se présente plus d’une fois dans une maison d’hébergement sans pouvoir y être accueillie, faute de place. Et les femmes qui désirent avoir accès à des ressources non mixtes sont souvent confrontées, elles aussi, au manque de places.

Une travailleuse d’un centre de femmes des Laurentides souligne le peu de ressources en hébergement dans la région, qui compte un seul centre de crise de quelques lits. Certes, il existe des ressources d’hébergement en violence conjugale, mais où peuvent se diriger les femmes qui vivent d’autres situations d’urgence et qui n’ont nulle part où aller? Le centre de femmes, qui ne peut les héberger car aucun lit n’est disponible, se voit contraint de les laisser à la rue.

Pour certaines femmes, les obstacles se multiplient et les ressources sont encore plus rares. Par exemple, les femmes en situation d’itinérance sont de plus en plus souvent refusées en raison d’un manque de places. Les femmes handicapées ont elles aussi besoin de maisons d’hébergement mais les ressources spécialisées en violence conjugale adaptées à leur situation sont rares. Selon l’Évaluation des besoins d’adaptation des services offerts aux femmes handicapées victimes de violence conjugale, dans 90 % des cas, les services d’hébergement ne sont pas adaptés1.

Malgré des besoins évidents de services communautaires en santé mentale, plusieurs travailleuses signalent la fermeture de tels organismes. À Montréal, les impacts négatifs de la fermeture de services en santé mentale sont manifestes. Le manque de ressources non mixtes a aussi été souligné en Abitibi-Témiscamingue.

Lorsqu’après plusieurs refus une femme trouve un organisme qui l’accueille, c’est une lueur d’espoir qui jaillit en elle.

« Souvent, des femmes éclatent en sanglots et disent : « Mon Dieu! Enfin, enfin, j’ai de l’aide! » Ça peut être assez bouleversant parfois. »

  1. OFFICE DES PERSONNES HANDICAPÉES DU QUÉBEC (2010). Évaluation des besoins d’adaptation des services offerts aux femmes handicapées victimes de violence conjugale, Drummondville, Service de l’évaluation de l’intégration sociale et de la recherche, Office des personnes handicapées du Québec, p. 28.

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