Des constats inquiétants

Six constats se dégagent de notre enquête.

1 Les conditions socioéconomiques des participantes des organismes communautaires de femmes se détériorent partout au Québec, ce qui compromet leur santé mentale.

Les travailleuses de ces organismes constatent :

  • un appauvrissement des femmes de plus en plus perceptible (79 % des organismes)
  • une détérioration du tissu social qui se manifeste par l’augmentation :
    • de l’isolement social (71 % des organismes)
    • de l’insécurité financière (56 % des organismes)
    • de l’endettement et des problèmes financiers (70 % des organismes)
    • de l’insécurité alimentaire (63 % des organismes)
    • des difficultés conjugales (63 % des organismes)
    • de la violence conjugale et familiale (51 % des organismes)
    • des problèmes liés à l’image corporelle (51 % des organismes)
    • des discriminations (34 % des organismes)
    • de l’itinérance (33 % des organismes)
  • une pénurie de logements sociaux
  • un changement des besoins des participantes ces dernières années (72 % des organismes)

2 La santé mentale des participantes des organismes communautaires de femmes se détériore partout au Québec.

Les travailleuses constatent :

  • une augmentation du nombre de participantes confrontées à des problèmes de santé mentale (66 % des organismes)
  • un alourdissement des problèmes de santé mentale (75 % des organismes), étant donné que plus de participantes :
    • vivent du stress et de l’anxiété (75 % des organismes)
    • cumulent différents problèmes (63 % des organismes)
    • éprouvent des problèmes psychiatriques (58 % des organismes)
    • éprouvent des problèmes de dépendances aux médicaments, à l’alcool et aux drogues (48 % des organismes)
    • vivent des situations de crise (47 % des organismes)

3 L’accessibilité des services sociaux et des services de santé s’amenuise de plus en plus et ce sont les femmes les plus démunies qui en souffrent le plus.
En témoignent :

  • l’inaccessibilité des services de première ligne en santé mentale (consulter en psychologie exige de nombreux mois d’attente)
  • l’accès à un ou une médecin de famille toujours aussi difficile
  • la fermeture de ressources communautaires en santé mentale

4 Le changement de profil des participantes et l’inaccessibilité des services publics confrontent les organismes à une situation sans précédent.

Ainsi :

  • 76 % des organismes reçoivent des participantes qui n’auraient pas dû leur être référées (ce que les travailleuses appellent le dumping)
  • 59 % des organismes doivent refuser certaines participantes ayant des problèmes de santé mentale
  • 54 % des organismes constatent une augmentation du nombre de participantes qui semblent avoir besoin d’une intervention en santé mentale

5 L’alourdissement des problèmes sociaux et des problèmes de santé mentale affecte les conditions de travail dans les organismes communautaires de femmes et crée une surcharge.

Les travailleuses affirment :

  • se sentir dépassées par le travail à accomplir (71 % des organismes)
  • éprouver des difficultés à composer avec la surconsommation de médicaments des participantes : animation de groupe difficile, vie interne perturbée, etc. (60 % des organismes)
  • avoir parfois ou souvent peur dans certaines situations (61 % des organismes)
  • se sentir impuissantes devant l’impossibilité d’apporter une aide complète à certaines participantes (82 % des organismes)

6 Cette conjoncture menace la mission d’une grande majorité d’organismes communautaires de femmes, puisqu’elle affecte la nature de leurs activités.

En témoignent :

  • l’augmentation du nombre de suivis individuels au détriment de l’approche collective
  • la mise de côté de leur vie associative

En réponse à ces constats, le RQASF a formulé une série de recommandations au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.