Santé mentale au Québec : le RQASF sonne l’alarme

Santé mentale au Québec : les organismes communautaires de femmes à la croisée des chemins, est une enquête du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF). Amorcée en 2010 dans un contexte de privation de ressources financières dans les services publics de santé, de décentralisation du système de santé et de médicalisation croissante des problèmes sociaux, le RQASF voulait comprendre les conséquences, sur ses membres, de ces changements.

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Des constats inquiétants

75 organismes communautaires de femmes intervenant directement auprès de femmes partout au Québec ont participé à cette enquête. L’analyse s’appuie sur les résultats d’un questionnaire postal, riches en commentaires et explications, sur ceux d’entrevues et sur les discussions avec le comité consultatif de la recherche, composé de 9 membres.

Six constats se dégagent de notre enquête.

1 – Les conditions socioéconomiques des participantes des organismes communautaires de femmes se détériorent partout au Québec, ce qui compromet leur santé mentale.

2 – La santé mentale des participantes des organismes communautaires de femmes se détériore partout au Québec.

3 – L’accessibilité des services sociaux et des services de santé s’amenuise de plus en plus et ce sont les femmes les plus démunies qui en souffrent le plus.

4 – Le changement de profil des participantes et l’inaccessibilité des services publics confrontent les organismes à une situation sans précédent.

5 – L’alourdissement des problèmes sociaux et des problèmes de santé mentale affecte les conditions de travail dans les organismes communautaires de femmes et crée une surcharge.

6 – Cette conjoncture menace la mission d’une grande majorité d’organismes communautaires de femmes, puisqu’elle affecte la nature de leurs activités.

En réponse à ces constats, le RQASF a formulé des recommandations au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Organismes à la croisée des chemins

Les travailleuses des organismes communautaires de femmes doivent composer avec l’alourdissement des problèmes sociaux et de santé mentale des femmes : appauvrissement, insécurité financière, isolement social, violences multiples, détresse psychologique, situations de crise, problèmes psychiatriques et médicamentation excessive… La liste est longue des problématiques auxquelles les organismes doivent faire face, faisant ainsi les frais des lacunes du système de santé qui ne cesse de réduire ses services psycho-sociaux. Rien d’étonnant à ce que les travailleuses soient de plus en plus exposées à l’anxiété, à l’épuisement professionnel, au syndrome vicariant.


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