Cancer du sein
La problématique du cancer du sein et plus particulièrement la morbidité psychologique liée au dépistage précoce intéresse le RQASF depuis de nombreuses années. Ainsi, le Réseau a participé en 1998 au comité consultatif d’implantation du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS) mis sur pied par le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).
Le cancer du sein représente la seconde cause de décès par cancer chez les femmes. Toutefois, les statistiques démontrent que le taux de mortalité relié à ce type de cancer est en décroissance notamment en raison des programmes de dépistage systématique mis en place.
La grande majorité des femmes qui participent au PQDCS obtiennent un résultat normal de leur mammographie de dépistage. Toutefois, de 10 % à 12 % des participantes reçoivent un résultat anormal de cet examen, ce qui sème le doute quant à leur état de santé. Obtenir un résultat anormal implique la tenue d’examens complémentaires et ce processus d’investigation génère beaucoup d’anxiété, même si, en définitive, un nombre très restreint de femmes reçoit un diagnostic de cancer du sein (+/-5%).
Puisqu’il est reconnu que le soutien social peut aider les femmes à mieux vivre l’attente de diagnostic en cours d’investigation complémentaire, le RQASF, en collaboration avec des organismes des réseaux communautaire et public, a élaboré une trousse d’information destinée aux intervenantes et intervenants susceptibles de rejoindre ces femmes. Entre 2001 et 2004, plus de 630 trousses ont été distribuées partout au Québec. De plus, une formation visant l’amélioration des compétences de soutien a été offerte conjointement avec la trousse.
Or, l’évaluation de l’utilisation de la trousse a permis de constater que peu de femmes faisaient appel aux ressources formées pour leur offrir du soutien. Pour comprendre cette situation, en 2003-2004, une recherche intitulée Dépistage du cancer du sein : Ce que vivent les femmes en attente de diagnostic a été réalisée auprès de participantes ayant obtenu un résultat anormal de mammographie de dépistage. Cette enquête visait essentiellement à évaluer le degré d’anxiété des femmes au cours de cette période, à connaître leurs besoins de soutien social et à rendre compte de celui qui leur avait été offert.
Les résultats de cette recherche, qui compte 631 participantes montréalaises, révèlent que la moitié d’entre elles (51,1%) est « assez » ou « très » inquiète lors des examens complémentaires et que seul le soutien social (émotif et informatif) offert par le personnel professionnel est en mesure de réduire l’inquiétude des femmes. La même étude a par ailleurs démontré que les participantes au PQDCS n’ont pas reçu tout le soutien souhaité au cours de cette période.
Afin de mieux comprendre les raisons qui expliquent l’écart entre le soutien souhaité par les participantes et celui qui leur a été offert, une seconde recherche intitulée Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). Répondre aux besoins de soutien social des participantes. Un défi pour le personnel a été effectuée, en 2006-2007. Cette étude a exploré les conditions d’intervention du personnel assigné au PQDCS (employées de bureau, infirmières, omnipraticiennes des CRID*, radiologistes et technologues) dans les établissements privés et publics associés au Programme. Au total, les 186 questionnaires complétés et les 39 entrevues réalisées ont permis de clarifier le contexte dans lequel ce personnel offre le soutien social aux participantes.
Ainsi, il a été démontré que les intervenantes et intervenants, quoique sensibles à l’anxiété vécues par les femmes, ne disposent pas toujours de conditions qui facilitent et favorisent le soutien des participantes, particulièrement dans les établissements privés (CDD)**: peu de temps, peu d’outils, peu de ressources dédiées aux participantes et aux employés. Ce constat, qui corrobore les conclusions de notre première enquête, peut en partie expliquer les lacunes identifiées dans le soutien social accordé aux participantes.
* Centre de référence pour investigation désigné
** Centre de dépistage désigné