Le danger relié aux interventions esthétiques, révélé notamment dans le dossier des prothèses mammaires en gel de silicone dans les années 1980-90, a permis de prendre conscience de la nécessité de mieux informer les femmes (et les hommes) des risques qu’elles encourent.

Vous êtes insatisfaite de votre apparence ? Vous envisagez une chirurgie ? Un traitement par injection ? Vous désirez en savoir plus sur les conséquences possibles de votre geste ? Le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF) a créé ce microsite site afin de vous aider à prendre une décision éclairée.

Une intervention esthétique, c'est pas banal!

Une intervention esthétique, c’est pas banal!

Interventions esthétiques : quelques enjeux

Fille de la médecine militaire, la chirurgie plastique a connu depuis le début du 20e siècle un développement à la fois fulgurant et hasardeux. Le Canada et le Québec occupent d’ailleurs une place de choix dans cette courte histoire, tant en matière d’effectifs médicaux que de tâtonnements technologiques, notamment au chapitre de l’augmentation mammaire. Ce n’est certes pas le volet le plus noir de cette « aventure » chirurgicale mais c’est sans doute le plus médiatisé. En effet, les risques de ce genre d’intervention ont été exposés au grand jour lors de poursuites intentées contre les fabricants de prothèses mammaires en gel de silicone, au début des années 1990. Malgré la victoire des plaignantes et l’imposition de moratoires – faciles à contourner et levés depuis – tant au Canada qu’aux États-Unis, l’implant en gel de silicone effectue aujourd’hui un retour en force. Cet exemple illustre à quel point il peut être difficile de préserver la santé des femmes dans un contexte où le droit à l’information est bafoué au profit d’intérêts économiques considérables.

Dans le vaste champ de la chirurgie plastique, ce ne sont pas tant les interventions visant les malformations, les brûlures ou encore les blessures sévères, qui posent problème, mais plutôt la chirurgie esthétique avec la croissance débridée d’interventions dites de convenance (rajeunissement du visage, liposuccion, augmentation mammaire, etc.). Confinées aux cliniques privées, ces interventions se situent aux frontières de la médecine car elles ne répondent pas à une demande de soins justifiés par des indications médicales strictes. La chirurgie esthétique contribue aussi à la fabrication d’une image corporelle idéale et unique, rendue accessible grâce à la technologie et soutenue par la publicité. Elle apparaît comme le remède banalisé et incontournable aux maux que subit le corps (vieillissement, piètre estime de soi, etc.). Enfin, abandonnées à un flou juridique et mal documentées, les interventions esthétiques laissent transparaître une certaine déresponsabilisation de l’État.

Protégez-vous

On dirait une publicité pour un salon de beauté: «Soyez prêt… six semaines avant les fêtes. Rafraîchissez votre apparence.» En fait, il s’agit d’une annonce pour une clinique de médecine et de chirurgie esthétique publiée dans un quotidien en novembre dernier. Le recours au bistouri pour faire disparaître des poignées d’amour ou avoir une poitrine plus généreuse serait-il devenu aussi banal que de changer de couleur de cheveux ?

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