Pas facile d’échapper à l’effet de réalité que crée la photographie, encore moins quand il s’agit d’un portrait. Bien que les consommatrices savent pertinemment que les photos de mode sont retouchées, la femme représentée paraît si vraie qu’il leur semble aller de soi que la beauté dont elle se fait l’emblème est bien réelle et ce faisant, accessible : « Pourquoi pas moi ? » Pourquoi pas, en effet ?

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Dans la réalité, la vraie vie, on sait il en va tout autrement : problèmes de santé résultant d’un abonnement erratique à des régimes à répétition, ou suite à une intervention esthétique, complexes psychologiques, faible estime ou absence d’estime de soi, insécurité identitaire…

Faut-il s’étonner si de plus en plus de femmes dénoncent l’explosion tous azimuts via le marketing multicanal de ces images de marques (L’Oréal, Lancôme, Calvin Klein, Dior, Givenchy, Armani et tutti quanti) qui carburent à la promotion d’un modèle de beauté féminine stéréotypé, réducteur, chimérique, et plus que jamais mondialisé ?

Désormais, elles veulent presque toutes ressembler à Beyonce, Shakira , Kate Moss… Elles veulent toutes être blondes ou brunes, avoir des jambes interminables, avoir un teint clair-mate, être mince, très mince avec des lèvres charnues, une poitrine pulpeuse, et un fessier rebondi. Elles ne lésinent pas sur les moyens pour pouvoir atteindre leurs objectifs. Certaines engagent toutes leurs économies dans la chirurgie esthétique, dans l’achat de produits décapant et éclaircissant, dans l’achat de perruques et produits capillaires, dans les injections de toutes sortes.