Louise Daoust, présidente de Lili-les-Bains a accepté de répondre à nos questions.  Les maillots de bain haut de gamme de Mme Daoust sont dans une classe à part.

Louise Daoust

Fondée en 1993, son entreprise a maintenant un chiffre d’affaires de 750 000 $ et a même refusé au cours des ans des offres d’achat spectaculaires.  Une sage décision, puisque ce que Lili-les-Bains vend, c’est autant de l’estime de soi que des monokinis en polyamide et élasthanne et ce vrai talent, Mme Daoust sait bien qu’il ne s’achète pas.

Q – Comment choisissez-vous vos mannequins ?

A travers les agences de mannequin, des agences de Montréal. Sur Internet. Mon critère premier…pas de look toxicomane, maigre. Je travaille avec des femmes qui possèdent une estime d’elles-mêmes solide.  Elles ont du vécu, elles sont des femmes heureuses, sont sportives, elles mangent bien, sont non fumeuses, et ne consomment pas de cocaïne pour rester minces. Je prends des mannequins qui ont du vécu, qui s’habitent.

Q – Travaillez-vous toujours avec le même photographe ?

Je suis fidèle, en fait depuis 10 ans, « accro » à André Doyon, qui n’est pas un photographe de mode, mais un grand photographe d’objets.  Un homme entouré de femmes, qui les aime, et les respecte. André respecte ma vision, mon message, et accepte mes conditions.  C’est toujours un plaisir renouvelé.

Q – Vos mannequins respirent la confiance en soi et l’élégance : que dites-vous au photographe pour que votre vision soit bien comprise ? Avez-vous une phrase-clé ?

Hahaha!  La phrase magique pour tout le monde : « Pensez à vos seins comme des cornes de taureau !!!
Et les talons hauts sont indispensables au shooting… Presque que toutes les femmes réagissent de la même façon : bien ! »

Q – Quel est d’après-vous le plus grand obstacle à l’acceptation de leur corps par les femmes ?

Elles-mêmes…  Elles se regardent dans les yeux des autres… au lieu de se rendre compte de qui elles sont vraiment.  L’approbation,  l’éternelle approbation, du père, la mère, l’école, le milieu… Il faut un jour réaliser qu’il faut juste vivre… pour soi.

Q – D’après ce que vous avez pu constater, à partir de quel âge les femmes acceptent-elles davantage leur corps ?

En général dans la fin trentaine les femmes arrivent à faire une paix… Une mini paix… Étonnamment et heureusement en 2010, je côtoie beaucoup de jeunes femmes de 20 ans qui se sentent bien dans leur peau, des petites à qui ont a dit : « je t’aime », au lieu de « t’es belle ».

Q – Planifiez-vous vendre vos produits en ligne ?

Non. Le service personnalisé en souffrirait grandement.  La distribution ne m’intéresse pas. Je veux que les femmes sortent de chez Lili transformées… Internet n’a pas cette qualité humaine.

Q – Lili-les-Bains est distribuée dans quels pays ?

Nos clientes viennent de toutes les régions du Québec : Gaspésie, Lac St-Jean, et nous avons aussi des clientes internationales qui viennent de Moscou, Paris, Oslo, Monte Carlo, Australie, Arabie Saoudite, Japon, France, Brésil…

Q – Si vous pouviez offrir n’importe quel support publicitaire à Lili-les-Bains, quel que soit son prix ou sa forme, lequel choisiriez-vous ?

Un documentaire. Un court métrage.