Je sortais du collège et je commençais le lycée, et j’essayais de réconcilier toutes ces différences qu’on nous dit qu’on ne peut pas être quand nous grandissons en tant que fille. Tu ne peux pas être intelligente et jolie, tu ne peux pas être féministe et intéressée par la mode, tu ne peux pas t’intéresser aux vêtements à moins que ce ne soit par rapport à ce que les autres, particulièrement les hommes, penseront de toi. J’essayais donc de comprendre tout ça et me sentais un peu perdue. (…) Car je pense qu’une chose qui peut conduire à une idée fausse du féminisme est que les jeunes filles pensent alors que pour être féministe, elles doivent être en parfaite cohérence avec leurs convictions, ne jamais manquer d’assurance, ne jamais douter, avoir toutes les réponses. Et ce n’est pas vrai. Réconcilier toutes les contradictions que je ressentais est devenu de plus en plus facile lorsque j’ai compris que le féminisme n’était pas un règlement, mais une discussion, une conversation, un processus.

Tavi Gevinson (17 ans)