Le Best Bottom Contest de American Apparel a été lancé le 28 janvier 2010. Déjà, plus de 600 personnes (ratio 10 filles/1 gars) ont envoyé une photo maison de leurs fesses avec un thong, leotard ou bodysuit de la marque.

Ces photos sont en compétition sur le site de AA qui recherche des  nouveaux  visages pour ses publicités de sous-vêtements. Ce concours sous forme de campagne se limite au Web et n’a pas besoin de pub supplémentaire : 5 jours après le lancement, la photo #1 au classement a déjà été vue plus de 45 000 fois. Les gens peuvent ensuite commenter les photos. Des exemples de commentaires : Nice junk, I’d grab it and stab it!, I love you. Charmant.

« Personne ne les a forcées à faire ça ». On sait bien qu’on va entendre cette phrase si on ose s’offusquer de cette belle initiative. C’est un argument facile mais vrai en surface: personne n’a forcé ces filles. On pourrait même dire qu’il s’agit même d’un bel exemple de démocratisation de la mode.

Si vous êtes une filles, faites l’exercice suivant

Vous avez vu le site du concours, imaginez-le maintenant avec 50 % de photos de gars, 50 % de photos de filles. Une photo de fesses de filles, une photo de fesses de gars, des fesses de filles, des fesses de gars. Des filles qui écrivent ce qui leur passe par la tête en dessous des photos de gars.

Ensuite, on se projette dans quelques mois, le concours est terminé et les fesses gagnantes ont gagné. Imaginez que vous êtes dans dans le métro, vous voyez une pub de AA et le mannequin c’est un gars. Plus tard sur le côté d’un autobus, une autre pub et la mannequin c’est une fille. Le jeudi derrière le Voir : un gars, la semaine d’après à la dernière page du Mirror : une fille. Une représentation égale, un ratio gars/filles comme dans la vraie vie, pas loin du 50/50.

Ça vous fait quoi comme effet ? Vous trouvez ça bizarre ? Une campagne pareille nous semblerait peut-être bizarre durant la première semaine, mais c’est seulement une question d’habitude : ça fait dix ans qu’on voit des pubs de AA avec des Michelle à lunettes et des Hannah à freckles mais très peu de Greg à moustache. En plus notre génération s’adapte vite donc très rapidement les images (de gars) nous paraîtraient complètement normales et intéressantes (pensez mannequins beaux garçons et non une multiplication Dov Charneys). Parce que malgré leurs défauts, elle sont belles les pubs de American Apparel.

Maintenant retour à la réalité, retour au site du concours et à ses 500 fesses de filles, retour au métro et à cette pub qu’on n’est plus capables de voir.

Chaque fois qu’on croise une pub de American Apparel, il faut se rappeler que ce n’est pas normal qu’une marque qui vend autant aux gars qu’aux filles fasse presque 100 % de ses pubs avec des mannequins filles. Ce n’est pas non plus normal que le site Web d’une marque qui a une si grande part du marché soit en voie de devenir une vraie destination de Soft Porn gratuit.