La vulve est rarement montrée telle qu’elle est. Le look de nos parties intimes est tellement variable, que des artistes ont érigé un mur pour honorer cette diversité, le Great Wall of Vagina: normalize the diversity in genital appearance. Allez-y voir!

Saviez-vous que l’aspect de nos organes génitaux, leur forme, leur couleur, diffère complètement d’une femme à l’autre, comme c’est le cas pour nos seins, nos fesses, nos mains, notre visage par exemple?

L’anxiété vaginale, vous connaissez?Les parties génitales féminines externes comprennent le pubis (s’y trouve le « mont de Vénus »), la vulve – grandes et petites lèvres – et le clitoris, alors qu’à l’intérieur se trouve le vagin. Relativement identiques d’un bébé à l’autre, si ce n’est la couleur de la peau plus ou moins brune ou rosée, c’est à la puberté que la vulve change. Le clitoris et les petites lèvres deviennent plus apparents, cachés plus ou moins par des poils.

L’aspect de la vulve et du vagin des femmes varie tellement que le concept pseudo-médical
d’« hypertrophie des petites lèvres » n’a aucun sens.

La vulve idéale n’existe pas. C’est une CONSTRUCTION CULTURELLE, eh oui.

La chirurgie cosmétique

Selon des chirurgiens états-uniens, la longueur des petites lèvres sont un signe de vieillissement.

C’est FAUX.

Il n’existe aucune corrélation entre l’aspect et la mesure d’une quelconque partie génitale féminine et l’âge.

Dans une société axée sur l’avoir, le paraitre et la performance plutôt que sur l’être, le modèle unique de beauté provoque beaucoup de détresse chez de nombreuses femmes et jeunes filles.

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, la SOGC (2013), édicte que « les médecins qui décident de procéder à des [interventions de chirurgie esthétique génitale chez la femme] ne devraient pas faire la promotion à des fins d’amélioration de la fonction sexuelle ». Selon la SOGC et l’ACOG (American College of Obstetrics and Gynecology), les chirurgies esthétiques génitales féminines ne s’appuient sur aucunes bases scientifiques.

Pourquoi un nombre croissant de femmes soumettent-elles leur vagin au bistouri?

Augmenter le plaisir sexuel : celui-ci est grandement subjectif et aucune étude quantitative n’établit de données fiables sur cette question1. Aucune donnée scientifique n’existe sur les effets des chirurgies génitales sur le plaisir sexuel : il s’agit de constructions culturelles déguisées en science. Au contraire, en coupant et en supprimant des tissus avec de nombreux terminaisons nerveuses, les opérations touchant le clitoris et la vulve peuvent nuire au plaisir sexuel.

Depuis les années 2000, le marché de la chirurgie génitale féminine est en forte croissance au Québec comme ailleurs : réduction ou ablation des petites lèvres, amincissement du vagin, liposuccion du mont de vénus (tissus sur les os pubiens), réduction ou ablation du clitoris, repositionnement du clitoris… le tout présenté par l’industrie comme « rajeunissement ou embellissement vaginal ». On propose aussi l’augmentation du point G, avec promesse d’un plaisir sexuel augmenté.

Esthétisme, les femmes n’aiment pas leur vagin, angoisse vaginale : le modèle unique de beauté provoque beaucoup de détresse chez de nombreuses femmes et jeunes filles.

L’industrie de la beauté vend du rêve, on le sait : un plus beau corps pour plus de plaisir et plus d’amour. Dans une société axée sur l’avoir, on mise sur le paraitre et la performance plutôt que sur l’être. Or en matière de beauté, la normalité, c’est la diversité.

Un parallèle inévitable

Dans les années 1990, le monde s’émouvait – non sans juger parfois avec condescendance – des mutilations génitales féminines pratiquées dans certains pays d’Afrique, mutilations condamnées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant une violation des droits des jeunes filles et des femmes… De nos jours, de nombreuses femmes et jeunes filles se paient à grands frais des chirurgies esthétiques du vagin et du clitoris.

Est-ce vraiment différent?

Références