La religiosité à la rescousse d'une image corporelle négative ?

La religiosité à la rescousse d’une image corporelle négative ?

Si le voile est vécu/perçu comme un symbole de soumission de la femme dans/par certaines cultures, ne peut-on en dire autant des normes irréalistes et contraignantes prônées par l’industrie de la beauté, et la presse féminine occidentale ?

Si oui, quelle différence y a-t-il alors entre le port du hijab et l’injection vulvo-vaginale remodelante, le Body Reshaping, ou la réjuvénation photodynamique pour rajeunir visage et décolleté ?

Il y en une… mais pas celle qu’on imagine. Dans le cas du voile, l’impact sur l’image corporelle est positif; dans celui des interventions esthétiques… Hum… Ça reste à prouver, considérant l’addiction que favorisent certaines pratiques (injections), et leur toxicité à long terme (Botox® Neurobloc® et compagnie).

Surprenant

En 2014, une équipe de psychologues britanniques a mené une enquête auprès de 587 musulmanes habitant à Londres. 60 % d’entre elles portait le hijab. Les chercheurs ont constaté que les femmes qui portaient régulièrement ce vêtement étaient plus satisfaites de leur corps, moins sensibles à l’impact médiatique de la culture de la beauté, et beaucoup moins obsédées par la minceur et la peur de prendre du poids. Ils en ont conclu que le voile, mais aussi la religiosité, pouvaient servir d’amortisseurs contre une image corporelle négative (“buffers against negative body image”).

Controlling for religiosity, women who wore the hijab had more positive body image, lower internalization of media messages about beauty standards, and placed less importance on appearance than women who did not wear the hijab. Among women who wore the hijab, hijab use significantly predicted weight discrepancy and body appreciation over and above religiosity. These results are discussed in terms of the possible protective impact among British Muslim women of wearing the hijab.

En 2015, analysant les liens unissant satisfaction du corps, religiosité et intégration de la culture occidentale chez les immigrantes, une équipe de psychologues canadiens dirigés par Zina Chaker, arrivait à la même conclusion :

Heritage acculturation across religious denominations may serve as a buffer against appearance dissatisfaction and perceived media pressure.

Faut-il en conclure que la religiosité doit être prescrite comme remède contre l’intériorisation de standards de beauté irréalistes, l’image corporelle négative, et à la faible estime de soi qui en résultent ? Chose certaine, nourrir d’autres centres d’intérêt que le maquillage bonne mine (Elle Québec) peut remplir la même fonction… curative.

Et procurer les même bénéfices.