Les chiffres sont ahurissants. Une étude récemment publiée nous apprend que le marché de l’esthétique médicale est en pleine croissance. On estime que « la croissance annuelle du marché mondial entre 2013 et 2017 devrait être de 10 % et atteindre 7,1 milliards d’euros. (…) Le marché mondial est évalué entre 4,1 et 4,8 milliards d’euros en 2012, en hausse de 10 % par rapport à l’année précédente, et un taux de croissance identique est attendu en 2013, selon l’étude annuelle de l’Imcas (International Master Course on Aging Skin), congrès consacré aux chirurgiens plasticiens et aux dermatologues. »

Intervention esthétique : acte médical à risques

Subir une chirurgie esthétique n’est pas une visite au salon de beauté…

Chirurgies esthétiques : risques généraux

Subir une chirurgie esthétique n’est pas une simple visite au salon de beauté : il s’agit d’un acte médical. Comme tout acte médical, il comporte son lot de risques pour la santé. Les connaissez-vous ? Si chaque type d’intervention (liposucion, abdominoplastie, blépharoplastie, rhinoplastie, etc.) a ses risques spécifiques, globalement, les chirurgies esthétiques présentent les mêmes risques de complications et d’effets secondaires que n’importe quelle autre intervention chirurgicale.

Tour d’horizon.

1. Malaises postopératoires dans la région opérée

Saviez-vous que l’intensité et la durée de ces malaises sont très variables et imprévisibles ? Quelle que soit la chirurgie, vous ne pourrez échapper à la douleur et à l’enflure dans la zone opérée. Dans certains cas, votre sensibilité pourra en être affectée pendant des années.

  • Inconfort et douleur
  • Gonflement et ecchymose
  • Épanchement lymphatique (accumulation de liquide sous la plaie)
  • Lâchage des points de suture
  • Modification de la sensibilité (engourdissement, insensibilité, etc.)

2. Risques anesthésiques

Il ne faut pas prendre à la légère les chirurgies qui exigent une anesthésie. Entre 2000 et 2006, elles ont été responsables de 4 décès au Québec. Bien que la mort survienne rarement, jusqu’à 1 cas sur 10 000, vous devez envisager d’autres complications beaucoup plus communes. Ainsi, les nausées, les maux de tête ou encore les troubles de la mémoire peuvent se produire jusque dans 1 cas sur 10.

2.1 Anesthésie générale

Complications fréquentes (1 à 10 cas pour 1000)

  • Nausées et vomissements
  • Maux de gorge (dus à l’intubation)
  • Sensation de faiblesse, vision floue
  • Frissons et maux de tête
  • Démangeaisons
  • Ecchymose et douleur aux points d’injection
  • Troubles passagers de la mémoire et de la concentration

Complications inhabituelles (1 cas pour 1000)

  • Infection pulmonaire
  • Problèmes urinaires
  • Insuffisance respiratoire
  • Blessures à la bouche
  • Conscience de l’intervention

Complications rares ou très rares (1 cas pour 10 000 à 100 000)

  • Lésions aux yeux
  • Allergie grave à un médicament injecté
  • Blessures à la bouche
  • Engourdissement ou paralysie passagère d’un membre
  • Accident dû à une panne d’équipement
  • Mort

2.2 Anesthésie locorégionale (membre ou partie du corps)

Complications fréquentes

  • Maux de tête
  • Paralysie temporaire de la vessie (pose d’une sonde)
  • Douleur au point d’injection
  • Troubles passagers de la mémoire et de la concentration
  • Démangeaisons

Complications rares

  • Baisse passagère de l’audition ou de la vision
  • Convulsions
  • Arrêt cardiaque
  • Paralysie permanente
  • Perte de sensation

2.3 Anesthésie locale

Complications possibles

  • Sueurs, pâleur et sensation de faiblesse (syncope)
  • Allergie à un médicament injecté
  • Troubles du rythme cardiaque et arrêt cardiaque
  • Convulsions
  • Insuffisance cardiorespiratoire
  • Coma

3. Risques cicatriciels

  • Les cicatrices sont inévitables, définitives et ineffaçables. Même la chirurgie esthétique laisse des cicatrices. Cela vous étonne ? Sachez qu’aujourd’hui, malgré toutes les avancées de la médecine, aucune technologie ne permet de faire disparaître une cicatrice.
  • La cicatrisation peut se prolonger pendant 3 ans.Vous imaginiez votre convalescence à vous faire bronzer paisiblement ? Visez plutôt l’ombre pour les prochaines années !
  • Durant une période variant de 6 à 36 mois, la cicatrice change d’apparence avant de parvenir à son aspect définitif. Elle doit être protégée du soleil, car une cicatrice fraîche bronze et gardera cet aspect bronzé même lorsque votre peau aura pâli.
  • Une infection pourrait aussi venir modifier son apparence. En fait, l’aspect définitif de votre cicatrice est imprévisible. Même en l’absence de complications et quelle que soit la région du corps, il est possible que la cicatrice conserve son aspect initial.

Dans environ deux cas sur dix, une intervention de retouche peut s’avérer nécessaire afin de corriger de petites irrégularités résiduelles.

4. Complications vasculaires et hémorragiques

Vous n’y avez peut-être pas pensé, mais le bon déroulement d’une chirurgie repose sur une foule de facteurs et ne se limite pas à l’état de santé de la zone opérée. Une santé cardiovasculaire défaillante (varices, antécédent de caillot, etc.) augmente inutilement vos risques de complications graves.

  • Les personnes âgées de plus de 40 ans, obèses, fumeuses, souffrant de varices ou ayant des antécédents de maladies vasculaires doivent prendre certaines précautions avant, pendant et après l’intervention afin d’éviter les risques de thrombose (caillot de sang), et d’embolie (déplacement d’un caillot vers le cœur ou les poumons)
  • Il faut arrêter de prendre la pilule contraceptive ou tout traitement hormonal à base d’œstrogènes 1 mois avant l’opération afin d’éviter de tels accidents thrombo-emboliques.
  • Pour la même raison, il est contre-indiqué de prendre l’avion jusqu’à 3 mois après une chirurgie.
  • Les risques d’effusion de sang sont relativement fréquents, mais d’importance variable. C’est pourquoi les personnes prenant de l’aspirine ou des anticoagulants, comme le Coumadin (warfarine), doivent prendre certaines précautions avant l’intervention afin d’éviter les risques d’hémorragie.

Dans les cas plus graves, il peut être nécessaire de reprendre la chirurgie pour arrêter le saignement et évacuer l’accumulation de sang.

5. Risques infectieux

La plupart du temps, tous les moyens sont mis en œuvre pour éviter que les microbes pénètrent sous la peau de la personne opérée. Néanmoins, nous avons toutes entendu parler d’une malheureuse histoire d’infection bactérienne en milieu hospitalier. Il est important de surveiller attentivement les signes d’infection et de consulter sans tarder, s’il y a lieu.

  • Une infection naissante se manifeste par une rougeur, une douleur, un gonflement de la région opérée ainsi qu’une fièvre.
  • Simple infection
  • Abcès (infection bactérienne de la peau et des graisses)
  • Un implant infecté exige le plus souvent d’être retiré.
  • Un nouvel implant ne pourra être replacé avant plusieurs mois et comportera un risque plus élevé d’infection.

6. Risques liés au tabagisme

Si vous fumez, vous devriez songer à arrêter de 6 à 8 semaines avant l’intervention. En effet, le tabagisme multiplie le risque de complications postopératoires par 2 et même par 4. Voici les complications les plus fréquentes :

  • Infection
  • Peau endommagée (mort des tissus ou nécrose)
  • Problèmes cardiovasculaires
  • Complications respiratoires
  • Problèmes de cicatrisation
  • Problèmes de consolidation des os

Vos habitudes de vie, votre âge et votre état de santé général peuvent affecter les préparatifs et la bonne marche de votre intervention ainsi que votre rétablissement. En conséquence, « avant de vous lancer », soyez bien informée, et surtout, avant l’intervention.

Chirurgie esthétique: soyez bien bien informées, et surtout, avant l’intervention.

Intervention esthétique: soyez bien informée… avant l’intervention

Soyez bien informée

  • Chirurgie esthétique : la quête d’une beauté… stéréotypée
    Comment quantifier ces risques et comment connaître le nombre de personnes qui ont subi des effets secondaires au cours des dernières années ? Et connaissons-nous le nombre de personnes insatisfaites du résultat ? Au Québec, il n’existe aucun registre des complications ni statistiques en cette matière.
  • Le livre noir de l’esthétique
    Abdominoplastie, brachioplastie, carboxythérapie, dermabrasion, nymphoplastie… La médecine esthétique est un fourre-tout où, sous des appellations rocambolesques, se cachent techniques d’intervention et produits/services les plus farfelus (et souvent dangereux) les uns que les autres.
  • Une intervention esthétique, c’est pas banal !
    Une intervention esthétique est certes un acte médical, mais elle n’entre pas dans la catégorie des soins de santé conventionnels. Il s’agit plutôt d’une médecine dite de convenance ou du désir. Depuis la fin des années 1990, ce type d’intervention a connu une hausse fulgurante : une augmentation de plus 440 % aux États-Unis, entre 1997 et 2005. Et ça continue.
  • Chirurgie esthétique… Du rêve au cauchemard (PDF)
    En 2003, le RQASF a commandé une recherche auprès de la Clinique juridique de l’UQÀM sur la question de la responsabilité en matière d’intervention esthétique. Les conclusions peuvent paraître étonnantes mais une femme avertie en vaut deux, même en 2013.

Par ailleurs dans le monde, une image valant mille mots…

  • Korean Recovery Room Portraits
    South Korea has the highest rate of plastic surgery per capita than anywhere else in the world. Plastic surgery has become not just the norm but “integral” to the so-called self-improvement process.