Hypersexualisation : ras-le-bol des messages toxiquesL’hypersexualisation des jeunes est un phénomène complexe. L’érotisation croissante des ados et des enfants dans les médias, la banalisation des standards de beauté et du modèle relationnel inspiré par la pornographie, le laisser-faire face à la prolifération de stéréotypes sexistes et des “Sex Parties” dégradants, ainsi que la tolérance (complaisance ?) sociale à l’égard de la sexualisation tous azimuts ont favorisé son expansion. Résultat : on commence à peine à cerner ses impacts à long terme sur le développement des jeunes. Si des images cent fois vues ne choquent plus, ça ne veut pas dire qu’elles sont inoffensives pour autant.

L’arrivée des médias sociaux, leur exploitation à des fins commerciales par les marques, et la généralisation de leur usage dans toutes les couches de la population donnent au phénomène une ampleur inédite. En 2012, hypersexualisation et hyperconnectivité vont de pair.

Faut-il légiférer ? Les paris sont ouverts…

L’hypersexualisation des jeunes, et plus particulièrement celle des fillettes, a beaucoup fait parler d’elle ces derniers temps, en réponse à la publication d’un rapport remis à la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale (France), par Chantal Jouanno, sénatrice UMP à Paris. S’inspirant, parmi d’autres, d’analyses réalisées au Québec (par le RQASF, notamment), « Contre l’hypersexualisation, un nouveau combat pour l’égalité » dresse un portrait de la situation, et recommande des pistes d’action pour contrer le phénomène.

  • Mieux lutter contre l’hypersexualisation des enfants
    Marketing des Lolitas, concours de mini-miss, strings ou kits de pole dance pour enfants… L’hypersexualisation des enfants serait de plus en plus présente. Sollicitée sur le sujet par le ministère des solidarités, le rapport de la sénatrice UMP Chantal Jouanno évoque « un enjeu collectif d’affaiblissement des principes de dignité de la personne humaine et d’égalité entre les sexes ».
  • Hypersexualisation : les mini-miss dans le viseur de Chantal Jouanno
    Le gouvernement est clairement entré en guerre contre ce phénomène qui renvoie « à la sexualisation de leurs expressions, postures ou codes vestimentaires, jugées (sic) trop précoces ».
  • Un rapport s’inquiète de l’hypersexualisation des enfants
    « La vague de l’hypersexualisation n’a pas encore massivement touché nos enfants », constate Mme Jouanno. Pour autant, « les parents sont légitimement inquiets », estime-t-elle, soulignant par exemple que l’hypersexualisation participe au développement de conduites à risque », notamment à l’anorexie prépubère.
  • La mode des lolitas dans le collimateur d’un rapport parlementaire
    Après la polémique suscitée par la parution dans le magazine Vogue d’images provocatrices d’une fillette de 10 ans, un rapport français préconise l’interdiction des concours de « mini-Miss » et de la lingerie sexy pour enfants.
  • La mode des lolitas dénoncée par un rapport parlementaire
    Soutiens-gorge ampliformes dès 8 ans, chaussures à talon en taille 30, ministrings, trousses de maquillage dès 12 ans, poupées en jambières… Véritable phénomène de société, l’hypersexualisation des jeunes filles provoque une telle inquiétude qu’elle fait aujourd’hui l’objet d’un rapport parlementaire pour tenter de mettre en place des garde-fous.
  • L’hypersexualisation des petites filles: un phénomène inquiétant
    Pour le pédopsychiatre genevois Nicolas Liengme, la sexualisation des fillettes a même cours depuis des décennies. En cause des codes vestimentaires, des postures ou expressions trop précoces, notamment suggérées par les Lolitas des podiums .
  • L’hypersexualisation des jeunes filles, « résultat de l’influence du porno »
    Deux sociologues livrent au Monde.fr leurs analyses sur la question. Richard Poulin revient sur l’influence de la pornographie, la cause du phénomène selon lui. Frédéric Monneyron analyse, lui, les conséquences de l’hypersexualisation dans l’univers de la mode.

Mieux protéger les enfants

Il existe des instruments internationaux de protection et d’assistance spéciales pour la jeunesse, négociés par les États membres des Nations Unies tels que la Convention relative aux droits de l’enfant et les protocoles facultatifs qui la renforcent (contre l’exploitation sexuelle et la participation à des conflits armés). En signant ces ententes internationales, le Canada accepte de respecter, de protéger, de défendre et de mettre en pratique les droits qui y sont énoncés, notamment en adoptant ou en modifiant la législation et les politiques nationales nécessaires.

La Convention reconnaît des droits fondamentaux aux moins de 18 ans : le droit à la survie; le droit de se développer dans toute la mesure du possible; le droit d’être protégé(e)s contre les influences nocives, les mauvais traitements et l’exploitation ainsi que celui de participer à part entière à la vie familiale, culturelle et sociale. Ces droits reposent sur des valeurs de dignité et de développement harmonieux de l’enfant. Ils devraient donc servir de point de référence et de source d’inspiration pour les gouvernements dans l’élaboration de mesures pour contrer l’hypersexualisation des jeunes.

  • Quelles sont les conséquences de l’hypersexualisation sur les filles ?
  • Quels moyens peut-on mettre en œuvre pour les protéger ?
  • L’élaboration d’un code d’éthique de l’enfance, visant à encadrer les pratiques des industries qui profitent du phénomène d’hypersexualisation des jeunes, pourrait-elle constituer un élément de réponse à cette problématique ?

Quand trop, c’est trop

Fait rassurant, en réaction à un phénomène de plus en plus alarmant, les initiatives de sensibilisation se multiplient. Avis aux grandes marques : prenez acte. Les consommatrices sont de plus en plus nombreuses à exiger un changement.

Finalement, à ceux qui douteraient encore du rôle que joue la pornographie dans l’hypersexualisation de la société, et ses effets délétères sur les jeunes, on ne saurait trop recommander le visionnement de Sext up KIDS, documentaire réalisé par Maureen Palmer. Percutant !

Maureen Palmer: Sext Up Kids

Maureen Palmer: Sext up KIDS

Sext up KIDS exposes how growing up in a hyper-sexualized culture hurts our kids. Teens and pre-teens show and tell what they are doing and why they are doing it. Experts reveal startling new research, tracking how the pressure to be sexy is changing teen and sexual behavior in alarming ways, as “anal becomes the new oral.” Parents and educators struggle to help kids navigate puberty in a world where the line between pop culture and porn culture is increasingly blurred. For every parent who thinks, “that’s not my son or daughter,” Sext up KIDS is your wake up call.

Quand on parle de responsabilité individuelle et collective…

Dans le même ordre d’idées