Je suis une femme. Je suis comme tout le monde ; ni tout à fait belle, ni tout à fait mince, ni tout à fait jeune. Je regarde la télé, je feuillette les magazines et j’observe l’image des femmes : à qui appartient ce beau corps jeune, lisse, bronzé et mince ? Certainement pas à moi ! Je vous l’ai dit : je suis comme tout le monde.

Défi quotidien : être une femme, tout simplement

Défi quotidien : être une femme, tout simplement

Dans les boutiques, il m’arrive fréquemment d’essayer un vêtement X-large et qu’il soit trop petit. Les vendeuses le confirment, la taille des vêtements rapetisse. Et la population nord-américaine grossit. Comment se fait-il que l’industrie ne s’ajuste pas à la clientèle ?

Au contraire, on fait la chasse aux kilos. Plusieurs d’entre nous ont essayé des régimes alimentaires, peu ont réussi à perdre et à maintenir le poids idéalisé. On a beau afficher sur notre frigo notre modèle à atteindre, les régimes ne permettent pas de maigrir là où on le désire, de perdre la culotte de cheval ou le double menton hérité de matante Mado. Ils ne sculptent pas le corps. Qu’à cela ne tienne, on essaiera pendant un mois ou deux les exercices pour fessiers et abdominaux et puis on s’abandonnera aux téléromans en se disant qu’on manque de volonté. Ô combien d’efforts pour faire disparaître ce petit bedon où se sont nichés mes petits !

Et puis certains signes ne s’effacent tout simplement pas : quelques rides, des petits bouts de peau qui ramollissent, des marques de cellulite qui apparaissent… c’est le temps qui passe. Les produits cosmétiques proposent des cures de rajeunissement et de raffermissement qui sont bien tentants pour celles qui vieillissent. Pour les plus impatientes, il y a aussi les chirurgies esthétiques : liposuccion, augmentation mammaire, etc. La technologie moderne permet de corriger, semble-t-il, le moindre « travers corporel ». Mais il n’en demeure pas moins qu’on ne redevient pas jeune, mince et belle pour autant. Et quel périple périlleux pour la santé !

Cette course folle ne fonctionne tout simplement pas. La réalité c’est que 95 % des femmes ne correspondent pas aux standards proposés. Cet échec à se conformer crée non seulement un perpétuel sentiment d’inadéquation et d’impuissance, mais atteint aussi l’estime de soi. Pourquoi la beauté ne pourrait-elle pas rimer avec diversité ? Pourquoi n’y aurait-il pas plus de place pour les beautés grandes et petites, jeunes et vieilles, minces et rondes, blondes, brunes ou grises ?

De plus en plus de femmes se regroupent et refusent de jouer le jeu de cette pression sociale. Elles font preuve d’imagination et de solidarité pour agir contre les stéréotypes que l’on nous impose. Pour être soi, le défi est peut-être finalement de passer à l’action, de sortir de l’isolement et de la compétition dans laquelle les standards de beauté nous entraînent trop souvent. Plus nous serons nombreuses à oser, plus nos actions, par petites touches patientes, vont permettre de changer les mentalités et les pratiques.