Photo : Zed Nelson

Chaque année, les consommateurs de partout à travers le monde engloutissent des milliards dans l’industrie de la beauté. Ici comme ailleurs, au torse dépoilé répond la poitrine augmentée. Ici comme ailleurs, la quête de la perfection, via l’éradication de ce qui est vécu comme imperfection, fait le bonheur (et la fortune) d’une médecine carburant aux interventions esthétiques, à la pression sociale… et à la faible estime de soi.

La beauté est désormais une marchandise, et le modèle de beauté nord-américain s’exporte avec succès aux quatre coins de l’économie globalisée. L’industrie a de beaux jours devant elle, et on devine pourquoi : plus qu’un corps optimisé, ce qu’elle vend avant tout, c’est de l’amour. L’amour des autres, l’amour de soi. Qui refuserait d’être aimé? L’argument est imparable, et l’industrie le sait. Que cet amour soit manufacturé, que le consommateur soit conscient des effets de cette production en série, que sa conscientisation se traduise par des choix et des prises de position éclairés, ça ne change rien à l’affaire. À la fois juge et partie, il est quotidiennement confronté à un dilemme non-soluble dans son mode de vie, dilemme soigneusement alimenté par l’industrie de la beauté, la mode, la société de consommation dans laquelle il baigne, et qu’il nourrit.

Love Me

La série « Love Me » du photographe Zed Nelson lève le voile sur une quête aussi extrême que transculturelle dont les résultats balancent du pathétique au ridicule, de l’absurdité à la tragédie.

We have created a world in which there are enormous social, psychological and economic rewards and penalties attached to the way we look. Can any of us honestly say, ‘I don’t want to be attractive’? Don’t we all want to be loved?

 

rhinoplastie, tehéran, iran

Rhinoplastie : Elham, 19 ans. (Téhéran, Iran). Photo : Zed Nelson – Love Me

Girl Culture

De son côté, « Girl Culture » de la photographe Lauren Greenfield analyse les rapports qu’entretiennent les adolescentes américaines avec leur corps : complexes, conflictuels.

Où cela s’arrêtera-t-il? À nous de voir.