Cosmétiques : gare à la beauté en pot... et en poudre

Cosmétiques : gare à la beauté en pot… et en poudre

Nous sommes de plus en plus vigilantes concernant la qualité des aliments que nous ingérons. En même temps, nous attachons beaucoup moins d’importance à la qualité des cosmétiques qu’absorbe notre peau… C’est paradoxal parce qu’on devrait s’en préoccuper tout autant et même, beaucoup plus. Au-delà des images de beauté / santé qui accompagnent leur marketing, que savons-vous de ces produits, mis à part ce que nous disent les fabriquants et leurs mégaphones, magazines et marchands ? Pas grand chose, avouons-le.

Comme le remarque l’une des participantes du reportage ci-dessous tourné au Québec et en France : Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée de se maquiller moins. Avec tout le chimique que contiennent les cosmétiques, ce serait une bonne idée, en effet !

On présume (sur quelle base ?) que les ingrédients que contient le vernis à ongles, ou le rouge à lèvres, ou le fond de teint, ou la crème hydratante… sont sans danger pour notre santé. Mais la réalité est toute autre.

Sauver sa peau : enquête sur la face cachée des cosmétiques

Le saviez-vous ? Plusieurs produits cosmétiques contiennent des ingrédients toxiques dont les effets n’ont pas systématiquement été vérifiés. Comme pour les médicaments dans le domaine pharmaceutique, la majorité des recherches sur les produits de beauté sont contrôlées par l’industrie. De plus, les résultats ne sont pas toujours clairs quand ils ne sont pas carréments incomplets, fragmentaires, lacunaires.

Pour l’industrie, s’intéresser à la sécurité des cosmétiques, c’est s’assurer que les produits ne provoquent pas d’éruptions cutanées, de rougeurs ou d’effets à court terme que le consommateur associerait au produit. Mais l’industrie ne fait pas d’études à long terme sur les effets des substances chimiques auxquelles on est exposés chaque jour, plusieurs fois par jour, et à travers plusieurs produits. Comment ces substances affecteront-elles notre santé plus tard ?

Dans le doute, il est prudent d’appliquer le principe de la vigilance. Les preuves s’accumulent suffisamment pour conclure à des effets inquiétants sur la santé de certaines substances que renferment les produits de beauté.

Parfum, fragrance : ouvrir l’œil

Évitez les produits qui comptent les mots parfum ou fragrance parmi leurs ingrédients.

Les termes « fragrance » (substance qui sert à donner une odeur), « parfum » ou « arome », désignent un mélange complexe de produits chimiques synthétiques. Ces composés sont considérés comme étant des secrets commerciaux. Conséquence : le Canada n’exige pas des fabricants qu’ils divulguent la liste des produits chimiques qui les composent. Ainsi, des dizaines, voire des centaines de composés chimiques synthétiques se retrouvent dans les fragrances et la sécurité de bon nombre d’entre eux n’a jamais été évaluée par une agence publique responsable.

La meilleure façon d’éviter ces mélanges de substances est de ne pas utiliser de produits parfumés.

  • Lisez la liste des ingrédients.
  • Choisissez des produits qui portent la mention sans fragrance ajoutée (No Added Fragrance)
  • Les produits qui affichent « non parfumés » peuvent contenir des fragrances qui masquent l’odeur des produits chimiques.
  • Remplacez les fragrances industrielles par des huiles essentielles, en petites quantités cependant pour éviter l’apparition d’hypersensibilités.

Risques pour la santé

Plusieurs ingrédients des fragrances sont classés comme étant des irritants. Les personnes hypersensibles aux substances chimiques y sont particulièrement vulnérables. L’exposition à celles-ci peut contribuer :

  • au développement ou à l’aggravation de l’asthme;
  • aux migraines;
  • aux allergies.

Les muscs synthétiques sont souvent combinés à des phtalates de diéthyle (agents fixateurs qui augmentent la performance des parfums, largement utilisés dans les cosmétiques). Ils peuvent nuire aux fonctions hormonales. Certains phtalates, même à très faible dose, ont été associés :

  • à une puberté précoce chez les filles;
  • à la réduction du nombre de spermatozoïdes et à des problèmes de reproduction chez les hommes;
  • à l’obésité et à la résistance à l’insuline;
  • au cancer.

Santé Canada interdit le phtalate de diéthyle et cinq autres phtalates dans la production de jouets d’enfants. Cependant, son utilisation est toujours permise dans les cosmétiques. De son côté, l’Union européenne a consolidé ses règlements sur l’étiquetage des produits de parfumerie qui contiennent des allergènes connus (ex : composés organiques volatils (COV) tels formaldéhyde, esters ou alcools) et a interdit l’utilisation d’un grand nombre d’ingrédients comme les muscs. Le Danemark a banni quatre autres phtalates (DEHP, DBP, DIBP et BBP) sans attendre leur bannissement par l’Union européenne; les preuves de leur nocivité étant suffisantes.

Les cosmétiques ne sont pas les seules sources d’exposition à ces polluants. Ainsi, différents produits ménagers, comme les savons et détergents en contiennent. Au fil des ans, ces différentes substances peuvent s’accumuler dans l’organisme. De plus, elles agiraient en synergie, c’est-à-dire que leurs effets se multiplient par le seul fait d’entrer en contact les unes avec les autres.

Pour faire un choix éclairé, il vaut mieux appliquer un sage « principe de précaution » et utiliser ces produits avec modération. Pour les peaux sensibles ou pour prévenir les effets indésirables, il est préférable de choisir un produit non parfumé et contenant un minimum d’ingrédients.

Et n’oublions pas : le prix n’est pas garant de la qualité !

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