Grâce à Internet, le monde est un grand livre ouvert qui fourmille de diversités, de contrastes, d’antipodes, d’altérités, de marginalités, de dissemblances. Tant de différences au bout du doigt, ça devrait nous inspirer !

Conforme à la norme : une promesse de performance

Conforme à la norme : une promesse de performance

Mais non, nous, ce qui nous inspire, ce qu’on aime, c’est le même, le pareil, et ce qu’on souhaite, c’est être des pareils, des conformes. À preuve : la conformité, on la suit sur les réseaux sociaux, on la partage, on l’imite, on en redemande, et on trouve ça cool, en plus. Conformité vestimentaire : la mode. Conformité corporelle : la minceur. Conformité comportementale : la consommation. Conformité idéologique : le jeunisme.

Ça m’a sauté aux yeux, l’autre jour, dans la rue. La mode et tout ce qui vient avec (conformisme vestimentaire, corporel, comportemental) est un facteur d’intégration sociale. Comment ai-je pu passer à côté de cette évidence ? Duh !

  • Avoir le bon look, c’est décisif.
  • Avoir la bonne marque : crucial.
  • Avoir le bon corps : ce qu’il y a de plus important.
  • Avoir la bonne image corporelle ? Capital.
  • CA-PI-TAL !

Parlez-en aux ados. Parlez-en aux rondes, aux vieux, aux « poqués ».

Qu’en conclure ? Pas grand-chose sinon qu’être conforme à la norme est une promesse de performance sociale : je vais pogner, je vais être accepté, je vais être normal, je vais être aimé, je vais me qualifier, m’intégrer, ça va marcher.

Faut-il s’étonner de l’attrait irrésistible qu’exercent les interventions esthétiques ? Les régimes-minceurs ? Les vêtements que personne ne peut porter sans s’affamer, se ruiner ou se faire charcuter ?

On vit une époque d’hyperconformité. On devrait être hyperdéprimés.

PS

Quand ça ne va pas trop bien dans sa vie, pour toutes sortes de raison (santé, argent, travail, amour…), qui ne souhaiterait pas être conforme, et donc performant socialement, même un peu, même une heure ?

Au fond, on est tous pareils ;-)