Une autre vision de la santé des femmes
De tout temps, les femmes se sont préoccupées de la santé selon une approche empirique, un savoir basé sur l'expérience plutôt que la théorie. Les grands questionnements féministes des années 1970 ont su faire valoir le bien-fondé de cette approche. Des femmes de tous âges et de tous milieux ont revendiqué le droit au libre choix en matière de reproduction et de sexualité. Elles ont aussi dénoncé les pratiques abusives et sexistes en gynécologie, en obstétrique et en psychiatrie.
Dans la foulée des nombreux changements sociaux et économiques qui s'opèrent actuellement, la santé demeure au coeur des préoccupations des femmes. Le Québec d'aujourd'hui est notamment marqué par le néolibéralisme, la décentralisation, l'appauvrissement, la remise en question des programmes de santé et des programmes sociaux, ce qui ne manque pas d'affecter la santé des femmes.
Par ailleurs, des stéréotypes sexistes perdurent et entraînent nombre d'exigences sociales liées à la productivité, à l'éternelle jeunesse et à la minceur, qui ont aussi des conséquences de premier ordre. Préoccupées par l'impact de ces phénomènes sur la santé des femmes, des féministes réunissent leurs efforts pour répondre aux besoins issus de l'exclusion sociale et économique, de manière à ce que notre société soit plus égalitaire.
En effet, le système de santé tarde toujours à s'adapter aux besoins spécifiques des femmes ce qui a comme principales conséquences:
- une surmédicalisation des étapes de la vie traitements multiples, souvent inutiles et parfois dangereux;
- une déshumanisation des soins, intervention pratiquée sur le mal et non auprès un manque flagrant d'information critique à l'égard des médicaments et des traitements.