28 mai : Journée internationale d’action pour la santé des femmes

Comment allez-vous Madame?

28 mai, une Journée pour…

Une Journée internationale d’action pour la santé des femmes : vous la connaissez? Une journée pour s’informer, pour réaliser le chemin à parcourir, pour reconnaitre le droit à la santé de toutes les femmes, qu’elles soient autochtones, allochtones, immigrantes, avec ou sans emploi, lesbiennes, trans ou hétéros, handicapées, jeunes, vieilles… une journée pour prendre conscience de notre stress collectif, pour refuser de recevoir des diagnostics de troubles individuels alors que c’est la société qui est malade

On s’évertue à tourner vers l’intérieur la culpabilité d’avoir craqué, questionnant les habitudes de vie de chacun·e, regardant avec suspicion ceux et celles qui ne ressassent pas hebdomadairement leur enfance sur un divan. Toutefois, il faudrait au contraire retourner la suspicion vers l’extérieur, afin de faire de la santé mentale un enjeu de société plutôt qu’un trouble individuel. – IRIS : Le fardeau individuel : de l’endettement à la dépression

Une journée pour s’accorder du temps à soi, une journée pour laisser-aller ce qui peut attendre et agir sur ce qui nous importe, une journée pour la solidarité, une journée pour toutes et tous.

Des actions?

Les premières années, le « 28 mai » a porté en priorité sur l’accès des femmes à des services de santé génésique et maternelle de qualité, partout dans le monde. Cette problématique demeure d’actualité, y compris en Amérique du Nord où on commence tout juste à faire reconnaitre la « violence obstétricale ».

Dans un contexte de remise en cause des programmes sociaux, de responsabilisation des individus et d’accroissement des inégalités sociales et de santé, comment allez-vous madame?

Dans un contexte de remise en cause des programmes sociaux, de responsabilisation des individus et d’accroissement des inégalités sociales et de santé, comment allez-vous madame?

Avec les années, cette Journée est devenue l’occasion de souligner les effets nuisibles du néolibéralisme sur l’accès des femmes à la santé et de faire connaitre, sinon reconnaitre, certains pans de la santé des femmes toujours laissés pour compte (par exemple, les spécificités féminines concernant les maladies cardiovasculaires, les problèmes gynécologiques peu reconnus ou mal traités tels que l’endométriose, les fibromes utérins…).

Pour quelles femmes?

Dans ce contexte de remise en cause des programmes sociaux, de responsabilisation des individus et d’accroissement des inégalités sociales et de santé, comment allez-vous madame? À cette question, 60 % des filles et des femmes répondent positivement, selon le portrait 2016 de Statistiques Canada sur La santé des filles et des femmes (PDF). Un portrait pas très rose, si on y regarde de plus près. En résumé, les « problèmes de santé mentale » (dépression majeure par exemple) augmentent, et si le tabagisme recule, un quart des femmes font un usage abusif de l’alcool. Inquiétant aussi, le taux d’activité physique recule, alors que le taux d’obésité s’accroit. Enfin, seulement la moitié des femmes et filles immigrantes se déclarent en bonne santé.

Nous n’avons pas l’habitude d’associer les mots « santé » et « droits ». Et pourtant… la santé ne résulte-t-elle pas précisément de la jouissance de nos droits humains? Droit à la paix, c’est-à-dire à un environnement familial, social et de travail exempt de violences, droit au logement, c’est-à-dire de vivre dans un milieu sain et accessible financièrement, droit à une alimentation et un environnement sains, droit à un revenu suffisant pour assurer ses besoins de base… la liste est longue. Il s’agit des droits économiques et sociaux, conditions essentielles au droit à la santé.

Un peu d’histoire

La Journée d’action pour la santé des femmes a été créée au Costa Rica lors de la cinquième Rencontre internationale sur la santé des femmes en 1987. Après huit ans de campagne pour combattre la mortalité et la morbidité maternelles, les femmes ont estimé qu’il fallait recentrer la campagne autour du phénomène de privatisation dans un contexte néolibéral. C’est pour cette raison que la Journée internationale d’action de 1997 aura pour cible les problèmes d’accès à des services de santé de qualité, accès considéré comme un droit des femmes. (…) La santé n’est plus considérée comme un droit humain élémentaire. Au contraire, dans un contexte de marché privatisé, elle s’est transformée en un nouveau produit qui s’achète. Avec la privatisation, l’accès à des services de santé n’a fait que se réduire davantage pour la majorité des femmes. Ainsi les problèmes ont-ils été envisagés de manière spécifique, sans tenir compte, dans une dimension globale, de la dynamique sociale et politique dans laquelle les femmes vivent et travaillent au sein de la société. Cette Journée internationale d’action pour la santé des femmes est une occasion de lutter contre la privatisation et la commercialisation des services de santé et de militer pour que l’accès à des services de qualité soit un droit pour les femmes.
(Nous soulignons)


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